Dans quel sens ?

 La philosophie du centre est d’offrir un espace de travail
et de rencontres
où chaque individu
peut découvrir l’autre et approcher réellement le monde du cheval.

 

Au travers d’ateliers de travail à pied, en liberté, de travail de débourrage, de pratique circassienne, les élèves peu à peu vont apprendre à ressentir et à communiquer de façon claire et directe avec l’animal.

Quel lien entre ces pratiques et la communication telle qu’elle est posée le plus souvent aujourd’hui ?

De nombreuses études, réflexions, églises, croyances nous proposent, imposent, expliquent l’absolue vérité des pratiques de communication inter-individuelle. Le constat est parfois fait que l’ensemble de ces propositions au lieu d’ouvrir et de permettre de meilleurs échanges installe, au contraire, de nouvelles règles qui au mieux interrogent le sujet mais qui souvent n’atteignent pas le but souhaité car trop éloignées de la nature même de l’humain et de son essence animale.

« L’homme est un animal pensant, le cheval est un animal pensant. » Ceci étant posé, que pouvons-nous recueillir de cet échange homme/animal qui nous soit bénéfique au quotidien ?

Le contact régulier avec les chevaux permet de constater rapidement de nombreux axes de fonctionnement inhérents au troupeau qui peuvent servir de base de réflexion pour un groupe d’humains. Il apparaît que s’il existe des rapports structurés allant du poulain au chef de troupeau, ceux-ci ne sont en aucun cas destinés à éliminer un sujet ou le placer dans une situation mauvaise pour lui, car seul importe la survie et le bien-être du groupe dans son ensemble, le chef du troupeau distribuera ainsi les places afin que l’ensemble du groupe bénéficie de cette structure rassurante. Force est de constater qu’il s’agit là d’une différence majeure avec la plupart des groupes humains.

 

Pouvons-nous tenter de créer au sein d’un groupe d’humains des rapports basés sur la confiance et la bienveillance ?

Lorsque l’on débute une session de travail avec un cheval on commence par l’observer, s’en approcher, puis on le touche pour ressentir son état général, ensuite on le panse. C’est à dire qu’avant de lui demander quoi que ce soit on a fait en sorte de se présenter à lui, on lui a donné le temps de nous identifier et dans le meilleur des cas de nous reconnaître, mettant ainsi en place les conditions de respect mutuel optimales pour une rencontre réussie. On ne prend jamais un cheval pour le monter directement ou faire un autre travail sans ce moment de rencontre.

 

Lorsque nous avons à rencontrer de nouvelles personnes, à animer une réunion, quelle est réellement l’espace que nous nous donnons pour identifier l’autre ? Et quel est le temps que nous lui accordons pour que notre langue devienne commune et nos échanges réels ?

Après le pansage vient le travail à la longe. Ce travail muscle le cheval, établit son équilibre, l’échauffe. Pour l’élève c’est une nouvelle marche vers le monde du cheval. Il va devoir s’apaiser, se concentrer sur cet instant, s’ancrer profondément pour que l’animal ressente son état et accepte sereinement les demandes. Si l’élève s’appuie uniquement sur sa force ou sa volonté de domination à aucun moment le cheval ne travaillera de façon agréable pour lui et le résultat sera une fermeture complète et un arrêt des progressions. De plus, débutant ou non, il lui faut être convaincu de sa demande pour avoir un résultat. Le doute, l’absence, l’incohérence provoque le trouble et le conflit.

 

Sommes-nous toujours absolument présent face à l’autre ? Maîtrisons-nous la nature de nos demandes ou apports ? Ou bien par manque de préparation et donc d’assurance compensons-nous nos doutes par une agressivité dont nous colorons nos échanges afin de masquer notre incohérence ? N’est-il pas plus convaincant de prendre le temps de la présence de l’autre, de soi, de ses volontés et des désirs communs ? Et par là-même d’être en capacité de d’énoncer clairement ses souhaits ?

La justesse de nos positions, de notre attitude, renseigne le cheval sur notre demande. Nos attitudes physiques nous renseignent sur notre état d’esprit et nos intentions. Le cheval, véritable miroir de nos émotions, perçoit ces signaux. À nous d’établir un langage commun, clair pour que l’échange se produise. Quand nous sommes cohérents avec nos émotions, nos expressions évoluent, nos échanges sont plus fluides. Le cheval a besoin de cette finesse de langage et nous offre la possibilité de parvenir à ce stade d’expression non verbale.